EN PISTE Ricky Brabec (Monster Energy Honda HRC) n’a pas profité de sa victoire dans le prologue. Mal parti en début de spéciale (voir sa déclaration), l’Américain n’a jamais été dans le match du jour. Daniel Sanders a été le plus rapide du début à la fin de la spéciale, suivi au chrono par Edgar Canet (+1’24 »), son coéquipier engagé en catégorie Rally2. Un triplé orange se dessinait au scratch jusqu’au km 219 où Luciano Benavides a chuté, abandonnant sur blessures à l’épaule et au genou. À l’arrivée de la spéciale, « Chucky » remporte sa 4e victoire sur le Rallye du Maroc (étape 4 en 2021, étapes 3-4 en 2024), sa 16de la saison, la 24e sur le championnat du monde, records en cours. Ross Branch (Hero MotoSports) complète le podium du jour (+4’05 »). Les 4 Honda officielles suivent en file indienne à l’arrivée de la spéciale. 


Au général, Sanders prend les commandes avec 1’35 » d’avance sur son coéquipier espagnol et 4’38 » sur la Hero du Botswanais. L’abandon de Benavides réduit le match pour le podium du championnat du monde, derrière Sanders, à un mano a mano entre Brabec et Tosha Schareina. C’est le lot de consolation des rouges, qui peuvent aussi espérer revenir dans la bataille pour le titre constructeurs, qu’ils détiennent depuis 3 saisons. Comme son chef de fil de l’équipe officielle KTM, Edgar Canet a totalement dominé ses adversaires en Rally2. L’Espagnol est leader devant Michael Docherty (BAS World KTM, +8’25 ») et Martim Ventura (Honda HRC, +12’34 »). En Rally3, Noa Sainct (Nomade Racing) signe sa première victoire en championnat du monde. Le fils de Richard prend la tête de la course devant Thomas Zoldos (Aub’Moto, +12’31 ») et offre le triplé aux Orange ! 


En autos, Nasser Al Attiyah, comme Ricky Brabec, n’a pas capitalisé sur sa victoire d’hier. Au km 210, le Qatarien s’est arrêté durant près de 10 minutes pour une séance de mécanique (voir sa déclaration). Il termine à la 20e place du jour (+12’40 »). C’est peut-être déjà le tournant de la course pour le vainqueur de l’édition 2024, mais aussi pour la défense de son titre de champion du monde (voir W2RC). Devant, son coéquipier Sébastien Loeb réalise une journée impeccable et devient le premier leader de la course. Le Français s’impose de peu devant Mattias Ekström (+27 ») et Lucas Moraes (+29 »). Nani Roma (Ford M-Sport, +44 »), Henk Lategan (Toyota Gazoo Racing W2RC, + 1’16 ») et Carlos Sainz (Ford M-Sport, +1’55 ») sont également proches. En Challenger, Khalifa Al Attiyah (QQMF Racing by Nasser Racing) a connu un sort similaire à celui de son frère.


Pointé à moins d’une minute de Yasir Seaidan à 70 km de l’arrivée, le Qatarien a terminé avec 14’19 » de retard. Le Saoudien s’impose aujourd’hui et signe sa 7e victoire de la saison après ses 3 étapes remportées sur le Dakar et autant sur l’Abu Dhabi Desert Challenge, ses deux apparitions en W2RC cette saison. Seaidan devance les pilotes BBR Charles Munster (+3’34 ») et Dania Akeel (+5’01 »). Les Portugais continuent de dominer en SSV, avec Joao Dias vainqueur devant ses compatriotes Alexandre Pinto (Old Friends Rally, +13 ») et Luis Cidade (South Racing Can-Am, +1’14 »). Chez les camions, Martin Macik continue sa moisson marocaine, débutée sur le prologue 2024. Le Tchèque est le seul vainqueur d’hier à doubler sa mise. Il compte 32’51 » d’avance sur Kay Huzink (Kuipers Jongbloed Hybrid Dakar). RADIO BIVOUAC Lorsque Paul Krause a participé au Dakar en 1998, il était littéralement le seul Américain de toute la compétition. Bien qu’il ait été livré à lui-même et qu’il n’avait à son actif que le Rallye du Nevada, il a réussi à terminer à une très honorable 14e place.


« C’était évidemment très différent à l’époque, mais ce fut une expérience magique. Je me souviens être arrivé au sommet d’une dune. Et là, devant moi, s’étendait tout le Sahara. Rien d’autre que des dunes à perte de vue, c’était incroyable. Puis je suis revenu en 2004 sur une grosse KTM 950 twin. » Aujourd’hui, Paul est de retour dans le Sahara pour la troisième fois, mais pas à moto. Son fils Brandon explique : « Papa ne m’a jamais poussé à faire de la moto ou à m’essayer au rallye-raid, mais j’ai couru toute ma vie avec des gars comme Ricky Brabec et Skyler Howes, donc c’était inévitable que je sois contaminé par le virus. J’ai remporté le Road to Dakar au Sonora Rally, et je dois terminer ici pour confirmer ma place au Dakar 2026. J’aimerais bien faire ici, mais le plus important est de rallier la ligne d’arrivée. » Brandon est accompagné dans ses débuts en rallye-raid par l’équipe BAS World KTM, largement considérée comme l’une des meilleures structures privées du bivouac. Et si tout se passe comme prévu, il sera à nouveau avec eux en janvier. « Pour sa mère et moi, c’est une opportunité trop belle pour qu’il la laisse passer.


Et le fait qu’il m’ait demandé de l’accompagner pour partager sa grande aventure est vraiment spécial pour moi. » CHIFFRE DU JOUR : 11 Al Attiyah compte 12’40 » de retard sur Loeb. Lors de ses 7 victoires sur le Rallye du Maroc, le Qatarien était leader de la course à l’issue de la première étape à 4 reprises (2016, 2018, 2021, 2024). Les 3 autres fois, Nasser s’est retrouvé 3e de l’étape 1 avant de s’imposer (+1’05 » en 2014, +1’38 » en 2015 et +12’51 » en 2017). Un écart semblable à celui du jour a ainsi déjà existé en 2017, et c’était déjà entre Loeb, leader à ce stade, et Al Attiyah. À l’arrivée de la course en 2017, Al Attiyah s’imposait devant le Français ! Le retard actuel du septuple vainqueur du Rallye du Maroc n’est donc pas une première, la situation a déjà été 11 secondes plus dramatique, avec une issue heureuse. Mais jamais Nasser n’a gagné en étant en dehors du podium après l’étape 1. Il est 20e ce lundi. 


LE RALLYE DU MAROC ET MOI Martin Macik (MM Technology)Double vainqueur chez les camions (2024-22) Mon premier Rallye du Maroc…« Mon premier Rallye du Maroc en 2015 était mon premier rallye-raid. Je n’y avais jamais repensé. J’aimais la nature, les sports mécaniques, c’était le mix parfait, mais j’étais comme dans une machine à laver, plein d’informations me tombaient dessus ! On a eu des problèmes et on n’a pas pu finir. » Mon dernier Rallye du Maroc…« L’an dernier, on a remporté la course pour la 2e fois. Maintenant, ce n’est plus du tout pareil. L’an passé, on a fait le boulot. On est venus, on avait un nouveau camion à tester, on a remporté les spéciales du prologue à la dernière étape et on est rentrés. On est totalement concentré sur nous-mêmes, c’est vrai que l’on ne profite plus autant des à-côtés de la course, mais c’est ça d’être devenu professionnel. » 


L’ETAPE DE DEMAIN VUE PAR MARC COMA 


La recette marocaine : « C’est la première étape avec des dunes. Ça démarre avec des dunettes et de la végétation dès les premiers kilomètres, en guise de warm up, avant celles de l’erg Chebbi qui sera traversé à deux reprises, la seconde juste avant l’arrivée. C’est une étape complète. Il y a du sable, des cailloux, une partie avec des dangers marqués sur le road book qui sera exigeante pour la mécanique, et la navigation commencera à être plus importante. Il y a tous les ingrédients du Rallye du Maroc. » W2RC : L’ÉTAU SE RESSERRE ! 


Nasser Al Attiyah est arrivé au Rallye du Maroc avec 9 points d’avance sur Henk Lategan et 10 sur Lucas Moraes au championnat du monde. Le Qatarien n’a pris aucun point d’étape ce lundi, contrairement au Brésilien (3e, +3 pts) et au Sud-Africain (5e, + 1 pt). Le classement virtuel donne Moraes nouveau dauphin d’Al Attiyah à 7 longueurs, et Lategan à 8. Chaque kilomètre comptera dans les environs d’Erfoud, où se jouera le quatrième titre FIA de l’histoire du W2RC. 53 points sont encore à prendre, dont 3 lors de la Power Selective Section, nouveauté introduite cette année qui conclura la saison 2025. Et si la couronne se décidait dans ce sprint final ? 


DÉCLARATIONS Ricky Brabec (Monster Energy Honda HRC) : 


« J’ai commencé beaucoup trop calmement. Je n’étais pas nerveux, j’ai pris les choses trop à la légère pendant les 9 premiers kilomètres et cela m’a clairement pénalisé. J’ai essayé de rattraper mon retard par la suite. La matinée a été difficile, mais c’est la première fois en deux ans que je termine la première étape et que je regagne le bivouac. Je vais donc me contenter de cette petite victoire et tenter à nouveau ma chance demain. » Daniel Sanders (Red Bull KTM Factory Racing) : « Du bon et du mauvais. C’est bien d’avoir remporté l’étape et d’avoir bien roulé à la fin, mais le départ a été difficile ce matin. Se réveiller à 3 heures du matin, ce n’est pas idéal, et la section routière était vraiment longue, donc nous allons être assez fatigués demain. Le début de la spéciale était très technique et en haute altitude, donc le moteur avait du mal à répondre. Puis, lorsque nous sommes arrivés dans un désert plus ouvert, c’était un peu plus rapide et plus facile à naviguer. J’ai dépassé Luciano vers le km 30/40, puis j’ai imposé mon rythme.

Je n’ai cessé de regarder derrière moi et il était toujours là, hors de la poussière, donc tout allait bien. À 15 km du ravitaillement, il était toujours là, mais au ravitaillement, il n’y était plus. Puis Tosha est arrivé et nous avons compris que ce n’était pas bon signe. Je lui souhaite bonne chance. Il était en pleine remontée et c’est une course très importante. J’espère que ce n’est rien de grave. » Edgar Canet (Red Bull KTM Factory Racing) : 

« Je suis super content de cette journée et de mes sensations sur la moto. Mais je suis triste pour Luciano. J’espère qu’il se remettra vite. À part ça, la première place de Sanders et ma deuxième place sont bonnes pour l’équipe, et j’ai une bonne avance en Rally2, ce qui signifie que je peux prendre un peu plus mon temps. Nous devons y aller tranquillement, car le Dakar n’est que dans deux mois, il faut y penser. » Nasser Al Attiyah (The Dacia Sandriders) : « Nous avons tapé dans un petit fossé, mais nous étions en première, donc nous avons pris notre temps et nous avons continué, puis soudainement, nous avons eu un problème avec l’une des roues avant. Nous nous sommes arrêtés et avons constaté que le bras de direction était endommagé. Nous avons décidé de le changer, ce qui nous a coûté 10 minutes. Ce n’était donc pas une journée facile. Demain, nous partirons en 20e position et essaierons d’attaquer. » 


Sébastien Loeb (The Dacia Sandriders) : « C’était une belle étape et on a eu un bon rythme du début à la fin. Aucun problème avec la voiture, aucune crevaison, juste un peu de temps perdu dans la poussière, mais je pense que c’était pareil pour tout le monde. Demain, ce sera la première fois avec Edouard que nous serons les premiers en piste, ce sera donc un nouveau défi. On sait que cela peut être difficile d’être ouvreurs, on peut perdre beaucoup de temps si les traces sont dures à voir. Mais c’est le jeu. On fera de notre mieux. »

LE PROGRAMME 

14 octobre : Étape 2 / Erfoud – Erfoud (total : 394 km / SS : 307 km)

15 octobre : Étape 3 / Erfoud – Erfoud (total : 327 km / SS : 323 km)

16 octobre : Étape 4 / Erfoud – Erfoud (total : 379 km / SS : 284 km)

17 octobre :

–           Étape 5 / Erfoud – Erfoud (total : 310 km / SS : 216 km)

–           Power Selective Section FIA / Erfoud – Erfoud (total : 37 km / SS : 31 km)

–           18h30 : Conférence de presse d’après-course (bivouac)

–           20h00 : Remise des prix de la course et du W2RC (bivouac)