• Après un prologue et six étapes disputées depuis le coup d’envoi donné à Yanbu, il reste 244 pilotes et équipages toujours en lice pour une médaille de finisher sur 317 enregistrés au départ, tandis que 45 ayant connu des péripéties les privant de l’intégralité du parcours poursuivent en mode Expérience le trajet du retour. Au total, 93 motards reprendront la route demain matin (11 Rally GP, 82 Rally 2), ainsi que 141 autos (dont 58 Ultimate, 36 Challenger, 40 SSV et 7 Stock) et 40 camions.
  • À ce stade de la course, des tendances se dégagent mais c’est surtout l’incertitude qui domine quant aux vainqueurs de la 48e édition. Le tenant du titre Daniel Sanders, chef de file des Red Bull KTM Factory Racing, a pris l’avantage en tête de la course motos sans avoir laminé la concurrence, les regards étant notamment tournés sur le team Monster Energy Honda HRC avec Ricky Brabec (2e) et Tosha Schareina (4e).
  • En autos, le quintuple vainqueur Nasser Al Attiyah pose une option sur le titre dans son Dacia Sandrider, mais les écarts n’ont jamais été aussi faibles. Malgré l’abandon du héros national Yazeed Al Rajhi, les Toyota Hilux conservent une chance avec Henk Lategan (2e) et les Ford Raptor sont trois dans le Top 5, concentré en 12 minutes derrière le patron qatarien.
  • En marge de la course principale, il reste 94 véhicules essentiellement du XXe siècle prêts à se départager sur la course de régularité du Dakar Classic, à ce jour menée par l’équipage composé du Lituanien Karolis Raysis et du Français Christophe Marques, au volant d’un Land Rover.
  • Les 7 véhicules du challenge Dakar Future Mission 1000 ont eux aussi encore six étapes pour tester leurs technologies innovantes face au désert saoudien et contribuer ainsi à la recherche sur les motorisations alternatives.

MOTOS : SANDERS EN CONTRÔLE

Favori à sa propre succession, Daniel Sanders a bouclé une première moitié de rallye conforme à son statut. Laissant son jeune coéquipier Edgar Canet faire le show en début de semaine, le tenant du titre a attaqué quand il l’a fallu pour s’installer aux commandes du classement provisoire. Sanders pourrait même compter une avance bien supérieure aux 45 secondes qu’il possède désormais sur Ricky Brabec s’il n’avait pas écopé de six minutes de pénalité entre Hail et Riyadh pour un excès de vitesse.

Derrière l’Australien, l’Américain a lui aussi réalisé une belle première semaine de course. S’il n’a pas encore remporté d’étape, Brabec n’a pas commis la moindre erreur, conservant ainsi toutes ses chances pour la victoire finale. Derrière ce duo qui semble parti pour se disputer le trophée, c’est Luciano Benavides qui glisse sa moto sur la troisième marche du podium provisoire à une dizaine de minutes des leaders. Un peu moins rapide que les deux seuls anciens vainqueurs en lice car légèrement à court de forme, l’Argentin a tout de même remporté la cinquième étape.

Et comme il performe généralement mieux sur la seconde semaine, Luciano se tient en embuscade derrière les deux leaders (à 10’15 »), prêt à profiter de leurs moindres erreurs. À un peu moins de douze minutes de SandersTosha Schareina reste lui aussi un candidat crédible à la victoire. Vainqueur de deux étapes sur cette première semaine, leader à Alula, l’officiel a malheureusement commis une grossière erreur en ne se positionnant pas correctement au départ du refuge de l’étape marathon. Erreur qui lui a coûté dix minutes de pénalité. Cinquième du classement provisoire à la journée de repos, Ignacio Cornejo pointe lui à près d’une demi-heure du leader.

Un peu moins en jambes que les hommes qui le précèdent, le pilote compte sur sa régularité pour espérer viser une place sur le podium à Yanbu.Vainqueur du prologue et de la première étape, Edgar Canet a fait parler de lui en début de rallye. Le jeune pilote espagnol qui effectue cette année ses grands débuts en Rally GP avec l’équipe officielle a longtemps tenu la dragée haute à Sanders avant de détruire son pneu arrière durant la seconde partie de l’étape marathon.

Désormais 59e du classement général, Canet n’a plus rien à espérer, si ce n’est ajouter une nouvelle victoire d’étape à son palmarès. Bien parti, Ross Branch a lui aussi marqué le pas durant l’étape marathon, tout comme Skyler Howes qui a trop demandé à son pneu arrière lors de la quatrième étape ou encore Adrien Van Beveren qui a non seulement eu du mal à se mettre dans le rythme des leaders mais aussi connu différents soucis qui l’ont considérablement retardé.

Il accuse près d’une heure de retard.En Rally 2, c’est le nouveau venu américain Preston Campbell qui pointe à la première place de la catégorie à la journée de repos. Neuvième du classement scratch, le pilote profite de la blessure à la main de Tobias Ebster, contraint à l’abandon au soir de l’étape 3, de la casse de la roue arrière de Michael Docherty, de l’abandon sur chute d’Harith Noah, des malheurs de Neels Theric durant le prologue, et de ceux de son coéquipier Martim Ventura durant l’étape 5, pour devancer d’un petit quart d’heure la moto du Slovène Toni MulecKonrad Dabrowski reste aussi candidat au titre, 3e à 23 minutes du leader américain.

ULTIMATE : AL ATTIYAH, PATRON À L’ÉTROIT

Il n’a pas été simple de se faire une idée claire de la hiérarchie des pilotes et des écuries dans les premiers jours de course. Dans le « à toi, à moi » observé entre Yanbu et Riyadh, chacun a eu son heure de gloire, la palme de l’émotion revenant à Guillaume de Mévius et à son copilote Mathieu Baumel, qui signe un retour gagnant sur le Dakar moins d’un an après un accident qui lui a valu une amputation de la jambe droite. L’équipage de pointe de Mini X-raid a ensuite sombré sous le poids des crevaisons. Sur la feuille de classement de deuxième étape, les Toyota alignaient une grappe de cinq Hilux menée par Seth Quintero, un exploit historique (inédit depuis 2007) mais sans lendemain puisque parmi eux, Yazeed Al Rajhi a quitté le rallye battu par les crevaisons, pendant que Ferreira, comme Price et Quintero, ont sérieusement dégringolé. La bande des « Toy » conserve un espoir de victoire avec Henk Lategan, 2ᵉ derrière Nasser Al Attiyah à 6’10 ». Parmi les poursuivants du quintuple vainqueur, les Ford Raptor n’affichent plus la domination qu’ils avaient au soir de l’étape 3 avec cinq représentants en tête du général, Mitch Guthrie en tête (encore du jamais vu depuis 2007 !). Mais trois équipages de l’équipe officielle restent en embuscade dans le Top 5 : Nani Roma 3ᵉ à 9’13 » d’Al AttiyahCarlos Sainz 4ᵉ à 11’49 » et Mattias Ekstrom 5ᵉ à 12’11 ».

Qui avait réellement cru que Nasser Al Attiyah serait dépassé sur le Dakar par la génération montante de la discipline, après deux éditions en retrait par rapport à ses standards (abandon en 2024, 4ᵉ en 2025) ? Le pilote qatarien s’est chargé de remettre de l’ordre en frappant du poing sur la table, en l’occurrence ses roues sur le sable de la sixième étape. Il avait manifestement identifié l’échéance, avec un parcours de plus de 300 kilomètres uniquement sablonneux et copieux en dunes… le régal de Nasser. Patron du Dakar au repos, même avec une avance modeste, voilà un rôle qui convient à Al Attiyah, déjà en tête à mi-parcours lors de ses quatre derniers triomphes. Le leader des Dacia n’a même jamais perdu lorsqu’il a basculé en tête à mi-course, mais les écarts n’ont jamais été aussi faibles. Le 5ᵉ de la hiérarchie, Mattias Ekstrom, est chronométré à 12’11 », alors que l’amplitude moyenne du Top 5 sur les 25 dernières éditions est de 1h37’45 » ! De plus, le 6ᵉ du classement n’est autre que son coéquipier Sébastien Loeb, à 17’36 », dont on connaît le potentiel en termes de remontada.

Légèrement derrière, le match des deux roues motrices se joue essentiellement chez MD Rallye Sport, et il est particulièrement disputé entre le leader Simon Vitse et son premier poursuivant Christian Lavieille, à 12 minutes. Dans la catégorie Stock, le constructeur Defender a réussi l’entrée en action de sa Dream Team, dont le chef de file est finalement Rokas Baciuska, en tête depuis la première étape, avec 44 minutes d’avance sur Stéphane Peterhansel qui vit un retour à la dure sur le Dakar. C’est également le cas de Sara Price, dont les problèmes sur la première étape ont permis au Toyota Land Cruiser de Ronald Basso de s’intercaler sur le podium provisoire.