
Après plus d’une vingtaine d’années sur le Dakar, David Casteu découvre un nouveau rôle pour sa première participation en auto. Il sert cette année de Saint-Bernard des sables pour les deux équipages qu’il a formés, qu’il encadre et à qui il porte assistance en piste… si possible jusqu’à Yanbu.
David Casteu promène son sourire sur le Dakar depuis l’édition 2003, lorsqu’il a démarré comme pur amateur. Dans cette première vie de motard, il a tout connu, les galères et les blessures, puis les frissons des victoires d’étapes (3 au total), la vie de pilote professionnel et les honneurs du podium (2e en 2007), et même une piqûre de guêpe qui l’a défiguré sans l’empêcher de finir 4e de la première édition sud-américaine en 2009 !
Après le Dakar 2016, il a rangé ses bécanes pour s’occuper de celles des autres, en tant que team manager pour Sherco et maintenant exclusivement pour sa propre structure, le Team Casteu Trophy. C’est d’ailleurs pour être le plus crédible possible vis-à-vis de ses clients, et un peu pour fêter ses 50 ans, que l’année dernière il s’est remis en selle sur une KTM et a terminé 54e : « le Dakar a changé, la navigation, la tablette, le parcours, j’ai vu les cailloux, cela m’a plu, mais j’avais promis à mes enfants, mes petits-enfants et ma femme. Stop, la moto on va s’arrêter là. Mais parc contre, en SSV pourquoi pas. En assistance rapide j’amène une plus-value à ma structure. C’est même quasiment indispensable. »

Si l’on retrouve cette année le Niçois engagé en SSV sur les pistes d’Arabie Saoudite, ce n’est pas seulement pour le confort apporté par les quatre roues qui le portent toute la journée, lui et son copilote François Bonnet. Là-encore, c’est l’amour du travail bien fait qui préside à ce choix : « c’est notre sauveur déclare, Adrien Choblet, si on ne l’avait pas, ce serait déjà fini depuis longtemps s’il n’était pas là. » La tâche qu’il s’est fixée promettait forcément des surprises. Mais depuis le départ de Yanbu, ses petits protégés ne l’ont pas ménagé. Les pépins ont même commencé plus tôt qu’il ne l’imaginait : « Pour être honnête, sans mon intervention, Adrien aurait arrêté le Dakar le deuxième jour et Cliff (Zingraf) le lendemain. Ensuite il n’y a pas eu de répit, il y a deux jours, il nous restait une heure avant la tombée de la nuit pour sortir de la spéciale. Même pas deux kilomètres plus loin, on tombe sur Adrien qui nous avait fait un cardan. On a fini toute la spéciale dans les dunes de nuit ! »

David n’est pas avare en coups de mains, c’est même dans sa nature de se dévouer pour les autres. Mais en l’occurrence, son sacrifice pourrait bien desservir les intérêts de ses deux équipages. Le patron ayant cramé ses deux jokers en donnant des pièces pour faire repartir ses poulains, il n’a plus aucune cartouche et se retrouve menacé de sortie définitive au prochain problème sérieux. Pour les cinq étapes à venir, ses élèves pas toujours obéissants n’ont qu’à bien se tenir : « on est encore là, on a passé la ligne d’arrivée les trois voitures ensemble aujourd’hui. Mais avec eux, on peut s’attendre à tout… jusque dans les dix derniers kilomètres, peut-être même pour la montée du podium. Le Dakar est loin d’être fini ! »

