Ne boucle pas le Dakar qui veut. David Brock vient d’en faire l’amère expérience. Venu à la course sur le tard, l’Australien a dû jeter l’éponge avant la journée de repos pour avoir sous-estimé les difficultés qui l’attendaient. Pas suffisant toutefois pour le décourager…

Touché mais pas coulé. S’il a dû renoncer à poursuivre l’aventure à quelques kilomètres du cap de la mi-course, David Brock assure déjà penser à revenir sur le Dakar. « J’ai envie de terminer le job », assurait-il après avoir été rapatrié à l’ASS de la sixième étape. A 55 ans, ce pompier de métier participait à son premier Dakar. Neveu de Peter Brock, nonuple vainqueur de la fameuse Bathurst 1000, course automobile organisée à l’est de Sydney, David baigne dans les sports mécaniques depuis le plus jeune âge. Pour autant, il n’a découvert la compétition qu’il y a deux ans. « Jusque-là, la moto n’avait été pour moi que source d’aventures et de voyages, confie-t-il.
La compétition, ça n’était pas mon truc. J’aimais juste rouler sans avoir à me mesurer aux autres ou à un chronomètre. » Et puis en 2023, il est venu faire un tour en Arabie saoudite et il a découvert le Dakar. De simple spectateur, il est devenu compétiteur. « J’ai eu envie d’essayer », glisse l’Australien.
Après s’être testé à l’Abu Dhabi Desert Challenge et au Rallye du Portugal, David Brock a décroché son billet pour le plus difficile des rallye-raids. « Malheureusement, je me suis blessé le premier jour, explique-t-il. Je me suis fait mal à la main et au dos. Quelques chutes de trop ont fini par avoir raison de mes ambitions. Les douleurs n’ont fait qu’empirer, et j’ai fini par avoir trop de mal à relever la moto dans les dunes de la sixième étape pour pouvoir continuer. Il y a eu un moment où j’ai compris que ça n’allait plus être possible. C’est dur d’abandonner quand on a fait autant de sacrifices pour s’engager sur une course comme celle-ci…

La déception est grande, mais je n’ai pas de regrets. J’ai vécu une première semaine fantastique avec des paysages incroyables et de belles rencontres au bivouac. J’ai connu des gens formidables venus du monde entier. Et j’ai aussi beaucoup appris. » David a réalisé qu’un Dakar est particulièrement exigeant physiquement. « Il n’y a jamais de répit, dit-il. Rien n’est facile, il y a toujours un défi à relever, une dune à franchir ou des rochers à grimper. Même pas très longue, la spéciale d’aujourd’hui était vraiment très difficile. »
S’il avait un conseil à donner à un rookie qui souhaite s’engager au Dakar, il serait celui-ci : « Soigner sa préparation physique et s’entraîner dur à moto. Pour boucler un Dakar, il faut être capable de parcourir de longues distances en étant à l’aise sur sa moto pendant douze ou quatorze heures par jour. Il faut être capable de rouler dans des conditions qu’on n’apprécie pas forcément. Quand on se balade à moto, on choisit généralement des parcours que l’on aime et où on se sent à l’aise. Donc, si vous n’aimez pas les rochers, allez rouler sur les rochers. Si vous n’aimez pas le sable, allez rouler sur le sable. » Pour boucler un Dakar, rien ne doit être laissé au hasard.
