« Thierry Sabine, c’était un pote, un vrai » : quarante après la mort du créateur du Dakar, Joseph Dequeker n’a rien oublié.

Joseph Dequeker compte à son actif dix Paris-Dakar et cinq reconnaissances de l’épreuve. Quarante ans après le crash d’hélicoptère qui a coûté la vie à Thierry Sabine et Daniel Balavoine, les larmes coulent quand il évoque le décès de son ami.

« Je ne me dis pas “Si j’avais su…”. Je ne suis pas comme certains vieux. Je suis comblé. Aujourd’hui, je peux mourir et c’est grâce à Thierry Sabine. » À « 85 ans et demi », Joseph Dequeker porte encore la casquette et la combinaison comme sur les photos d’archives qui le montrent en action au Paris-Dakar. Tandis qu’il évoque ses souvenirs depuis sa maison d’Erquinghem-Lys, son épouse Monique veille sur les archives en cerbère attentif.

Elle sort un album photo que Joseph feuillette avec attention. Au fur et à mesure, la mémoire se fait plus précise : « J’étais concessionnaire Toyota 4×4. J’avais un associé qui traînait tout le temps au Touquet. Forcément, il est tombé sur Thierry Sabine. »


« Je ne me dis pas “Si j’avais su…”. Je ne suis pas comme certains vieux. Je suis comblé. Aujourd’hui, je peux mourir et c’est grâce à Thierry Sabine. » À « 85 ans et demi », Joseph Dequeker porte encore la casquette et la combinaison comme sur les photos d’archives qui le montrent en action au Paris-Dakar. Tandis qu’il évoque ses souvenirs depuis sa maison d’Erquinghem-Lys, son épouse Monique veille sur les archives en cerbère attentif.

Joseph Dequeker a stoppé les Paris-Dakar après le décès de Thierry Sabine. PHOTO PIB

Elle sort un album photo que Joseph feuillette avec attention. Au fur et à mesure, la mémoire se fait plus précise : « J’étais concessionnaire Toyota 4×4. J’avais un associé qui traînait tout le temps au Touquet. Forcément, il est tombé sur Thierry Sabine. »

Le courant est tout de suite passé

Entre le spécialiste de 4×4 et l’organisateur de compétitions mécaniques, le courant ne tarde pas à passer. « Un jour, Thierry (Sabine) m’appelle : “Tu ne peux pas venir pour une traversée de la France ?” C’était la croisière verte qui reliait Le Touquet à Nice. je conduisais la voiture médicale, on suivait la piste. » Nous sommes en 1978.

Cette même année, Joseph Dequeker embarque pour son premier Paris-Dakar : « J’avais deux journalistes à bord. Un de l’AFP, l’autre de L’Équipe. » Alors, pas trop dur de conduire sur le sable ? Joseph hausse les yeux au ciel : « J’ai fait mon service militaire en Algérie, j’y suis resté 27 mois. Je connaissais la conduite sur le sable. »

Nostalgique de l’époque

Il n’empêche, le mécanicien éprouve une certaine nostalgie de l’époque : « On avait des véhicules de 120-140 chevaux, on naviguait à la carte et au compas. Aujourd’hui, ils ont des GPS, plus personne ne se perd et ils pilotent de véritables avions qui touchent à peine le sol. »

Quand je suis arrivé au bivouac, un gars m’a dit que le patron s’était cassé la figure. Comme je ne réagissais pas, il m’a dit qu’ils étaient tous morts. Les toubibs ont pris la bagnole pour aller récupérer les corps. »

Joseph égrène ainsi ses dix Dakar mais aussi ces cinq reconnaissances effectuées en compagnie de Thierry Sabine et de quelques autres.

Et puis vient l’année 1986. Rien qu’à son évocation, des larmes roulent sur le visage de Joseph. « J’ai vu Thierry la veille. Il m’a dit que le bivouac du lendemain à Gourma-Rharous (Mali) se ferait sans aviation et donc qu’il n’y aurait pas de journalistes, qu’on serait bien. Quand je suis arrivé au bivouac, un gars m’a dit que le patron s’était cassé la figure. Comme je ne réagissais pas, il m’a dit qu’ils étaient tous morts. Les toubibs ont pris la bagnole pour aller récupérer les corps. »

Le lendemain, Joseph doit reconnaître la dépouille de son ami. Les larmes, encore. Et une conclusion implacable : « C’était un pote, un vrai, sur qui je pouvais compter et qui pouvait compter sur moi. »