Son sixième Dakar, Tiziano Interno a décidé de le vivre comme un pionnier du plus mythique des rallye-raids. En partant de Paris et en trimballant lui-même son matériel et les pièces de rechange pour sa 450 KTM.

Le gaillard n’est pas du genre à faire les choses comme les autres. Et surtout, le Dakar n’est pas pour lui une course comme les autres. C’est d’ailleurs pour cela qu’il s’est lancé dans la production d’un documentaire en quatre épisodes qui sera diffusé en fin d’année sur Netflix. « J’ai réalisé une série d’interviews avec des pilotes qui ont écrit la légende du Dakar, raconte Tiziano Interno. Je me suis également entretenu avec la veuve de Thierry Sabine… » Et comme l’on rend hommage cette année au créateur du plus célèbre des rallye-raids, disparu il y a quarante ans, l’Italien a décidé lui aussi d’honorer sa mémoire à sa façon. « Pour mon sixième Dakar, je cherchais un nouveau challenge, confie le natif de Brescia. A force d’y penser, l’idée m’est venue de renouer avec l’esprit des pionniers du Dakar qui partaient de Paris pour rejoindre l’Afrique en emportant sur leur moto tout ce qu’il leur fallait pour mener à bien leur défi. »

Tiziano a donc quitté Milan avec sa moto de course, direction Paris, avant de mettre le cap sur Barcelone, port d’embarquement officiel du Dakar pour l’Arabie saoudite. Tout cela en off road. Engagé dans la catégorie Original by Motul, il a aussi installé sur sa KTM une paire de sacoches pour y installer des pièces de rechange et des consommables destinés à l’entretien de sa machine. « La seule chose que j’ai laissé dans la malle qu’on me transporte d’un bivouac à l’autre, ce sont les pneus et ma tente », précise-t-il. Évidemment, après onze jours de course, le paquetage s’est allégé : « J’avais 25 kg de bagages au départ, j’en ai beaucoup moins aujourd’hui. Il me reste un embrayage, des plaquettes de frein et des leviers. Un peu d’huile aussi… La moto est plus légère et donc plus agréable à piloter. »

A deux jours de l’arrivée à Yanbu, Tiziano Interno savoure un parcours jusque-là sans encombre. « Ni chute ni problèmes mécaniques, se réjouit-il. Et je n’ai pas non plus commis de grosses erreurs de navigation. » Un sans-faute qui lui permet de pointer en trente-septième position au bivouac de Al Henakiyah. Ce Dakar lui laissera aussi un souvenir qu’il n’est pas prêt d’oublier. Il raconte : « Lors de la septième étape, j’ai tiré Bradley Cox à la ficelle durant 30 km. » Ne reste plus désormais qu’à réaliser la promesse qu’il s’est faite : monter sur le podium de Yanbu avec le jersey de son ami Pone, emporté il y a deux mois par le cancer, qu’il garde précieusement dans sa veste depuis son départ d’Italie.